Algues, krill : que penser des sources alternatives d’oméga-3 ?

Les compléments alimentaires d’oméga-3 sont généralement élaborés à partir d’huile de poisson. Il existe cependant sur le marché des produits issus de sources différentes, notamment d’algues ou d’un petit crustacé, le krill. Représentent-elle une option de supplémentation d’intérêt ?

Les EPA et DHA extraits d’algues, l’option 100% végétale

Opter pour une supplémentation en DHA et EPA impose de recourir à un produit d’origine animale, incompatible avec un régime alimentaire végétalien. Depuis quelques années, des compléments alimentaires de DHA et d’EPA extraits d’algues cultivées en laboratoire sont apparus sur le marché. Seules les microalgues sont en mesure de produire directement de l’EPA et du DHA. Les plus souvent utilisées dans ce contexte appartiennent aux genres Schizochytrium, Nannochloropsis, Crypthecodinium ou Isochrysis.

Microalgues vues au microscope, riches en DHA et EPA végétaux
Les microalgues produisent des oméga-3 polyinsaturés à longue chaîne.

Degré d’oxydation et coût élevés

L’idée est séduisante, mais ces produits souffrent de plusieurs problèmes : le processus d’extraction mis en œuvre à ce jour aboutit toujours à une oxydation importante, souvent à la limite de la valeur maximale fixée par l’Organisation mondiale pour les oméga-3 EPA et DHA (GOED).
De plus, leur prix à apport égal en EPA et DHA est 3 à 4 fois plus élevé que les produits classiques. Si la boîte pour un mois ne dépasse que rarement la trentaine d’euros, c’est parce que les quantités contenues dans les gélules sont 3 à 4 fois inférieures à ce qu’on rencontre dans un produit extrait du poisson.
Ces compléments alimentaires sont donc loin d’être idéaux et même s’il est probable qu’ils apportent plus de bienfaits qu’une absence totale de supplémentation, ils seraient bien moins intéressants que les oméga-3 du poisson.

Les limites des compléments alimentaires de krill

Des compléments alimentaires à base de krill sont également proposés comme source alternative d’oméga-3. Leur atout principal réside dans leur teneur en astaxanthine, un caroténoïde retrouvé dans cette petite crevette qui lui confère sa couleur orangée. Ce pigment possède en effet des propriétés antioxydantes intéressantes pour stabiliser les graisses.

Gélules rouges d’huile de krill riches en astaxanthine et oméga-3
L’huile de krill est rouge en raison de sa teneur en astaxanthine.

Un produit faiblement dosé

Les gélules d’huile de krill ont donc souvent un indice TOTOX bas. Elles ne renferment cependant que de très faibles quantités d’oméga-3, ce qui limite leur intérêt.
Les acides gras qu’elles contiennent se trouvent sous forme phospholipidique, qui serait la « vraie forme naturelle » selon les promoteurs de ces produits. Dans le poisson, la majorité des oméga-3 est en réalité présente sous forme de triglycérides.
Les études ayant conclu à la supériorité des oméga-3 du krill ne les ont pas comparés à des oméga-3 issus de poisson faiblement oxydés. Concrètement, les oméga-3 du krill sont aussi efficaces que des oméga-3 de poisson à TOTOX bas à dosage égal, mais ils coûtent nettement plus cher.

Un impact néfaste sur l’environnement

De nombreuses associations dénoncent par ailleurs la nocivité de la pêche au krill pour l’environnement. Principalement concentrée dans les eaux antarctiques, elle peut en effet perturber les écosystèmes locaux. Le krill est une ressource alimentaire vitale pour de nombreuses espèces comme les baleines, les phoques, les manchots et les poissons. La réduction des populations de cette petite crevette sous l’effet de la surpêche peut donc entraîner un déséquilibre, affectant non seulement ces espèces, mais aussi l’ensemble de la biodiversité marine.

Photo zoomé d'un krill
Le krill (Euphausia) est un petit crustacé vivant en eaux froides.

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