Dans quels cas peut-on manquer de vitamines et minéraux ?
Une alimentation mal équilibrée peut provoquer à terme un manque de vitamines et minéraux essentiels au bon fonctionnement de l’organisme. Surtout si certains facteurs, évitables ou non, viennent s’y superposer.
Stress et manque de vitamines et minéraux : un lien prouvé
L’exposition à un stress de manière récurrente ou chronique peut mettre à mal les réserves de l’organisme en micronutriments. La nature de ce stress peut aussi bien être psychologique que physique (pratique sportive soutenue, conditions climatiques extrêmes…).
Les méfaits du stress sur le statut en magnésium sont bien documentés et connus de longue date. Il pourrait également concerner d’autres vitamines et minéraux comme le zinc, le calcium, le fer ou la vitamine B3 selon les auteurs d’une revue de la littérature scientifique. Ils évoquent par exemple une étude menée auprès d’hommes de la Navy Seals. Exposés à un stress physique et psychologique lors d’une période appelée « la semaine de l’enfer ». Leur concentration sanguine en zinc a diminué de 33% après 5 jours, celle de fer de 44%. Ou encore de l’effet d’un stress physique – l’exposition au froid – qui, chez des jeunes femmes, augmente l’excrétion urinaire de la vitamine B3.
Un effort sportif intense accentue les pertes en micronutriments
Un effort physique soutenu apparaît par ailleurs néfaste au statut en vitamine B1. Une étude menée auprès de 19 nageurs l’a démontré. Sa concentration sanguine a baissé pendant la phase d’entraînement intense en comparaison avec la période de préparation. Elle est passée de 41 à 36 ng/ml pour les athlètes hommes, et de 38 à 31 ng/ml pour les femmes. Le statut en riboflavine qui a été lui aussi été contrôlé pendant cette étude n’a en revanche pas été impacté par l’effort physique.

L’impact de certaines habitudes de consommation
Certains modes alimentaires sont propices à la survenue de déficits nutritionnels. Les personnes suivant un régime végétalien, qui exclut l’ensemble des produits d’origine animale, sont exposées au manque de vitamine B12.
Une étude menée en Europe a mis en lumière une déficience en vitamine B12 chez 7% des végétariens et 52 % des personnes au mode de vie végan. Les apports en sélénium et en iode sont également particulièrement bas chez ceux-ci.
Alcool et tabac : deux facteurs de déficit en micronutriments
La consommation d’alcool et de cigarettes a un effet délétère sur le taux de certains micronutriments. Boire de l’alcool, même de façon modérée, pendant deux semaines suffit à altérer le statut en vitamines B12 et B9. Par ailleurs, l’ingestion de 0,58 g d’éthanol par kg de poids corporel, soit environ 40 g – l’équivalent de 4 verres – pour une personne de 70kg, conduit à une élimination accrue de vitamine C par les urines de 47%.
Les fumeurs présentent quant à eux une concentration sanguine réduite en sélénium et en vitamines antioxydantes. Une étude a mis en évidence une quantité de vitamine C 4,3 fois plus importante chez les non-fumeurs par rapport aux fumeurs, et de vitamine E 6,9 fois supérieure.
Le vieillissement nuit à l’assimilation de la vitamine B12
Le déficit en vitamine B12 est plus fréquent à mesure que l’on vieillit. Il concernerait un quart des personnes âgées de 65 à 74 ans et un tiers des plus de 75 ans. Il est lié à un amincissement de la paroi de l’estomac qui limite son assimilation. Ce déficit en micronutriments lié à l’âge illustre bien à quel point le manque de vitamines et minéraux peut toucher des populations très diverses.

L’influence du patrimoine génétique
Certaines caractéristiques génétiques augmentent notre susceptibilité à développer des insuffisances par rapport à des micronutriments spécifiques. En Europe, 10 à 32% de la population porte une version peu efficace du gène permettant la fabrication d’une enzyme clef du métabolisme des folates. Ainsi, malgré des apports alimentaires importants, les personnes qui en sont porteuses présentent des niveaux sanguins réduits en folates. Pour compenser cette particularité génétique, il faudrait dans ce cas augmenter sa consommation d’environ 40%.
La moitié de la population au moins possède un profil génétique qui augmente le risque de déficit en choline. C’est ce que révèle une étude menée auprès d’un groupe de 54 personnes qui ont reçu une alimentation pauvre en ce nutriment. Les femmes portant une version spécifique d’un gène étaient 15 fois plus susceptibles de développer des signes de déficience en choline que les participantes qui ne la portaient pas.
Dans la mesure où il est bien sûr impossible de déterminer si notre patrimoine génétique nous expose à ce risque accru de déficit, l convient de surveiller ses apports afin d’éviter tout manque de vitamines et minéraux lié à cette prédisposition génétique.
Les affections chroniques, une cause fréquente de carences nutritionnelles
De nombreuses situations pathologiques peuvent provoquer un manque de vitamines et minéraux. La maladie cœliaque est couramment associée à un déficit en vitamines A, B6, B9, B12, en zinc ou en fer. Les maladies inflammatoires de l’intestin peuvent affecter le statut en vitamines B1, B6, B9, B12, vitamine D, vitamine K, sélénium, zinc et fer. Les personnes en situation d’obésité sont par ailleurs particulièrement vulnérables face aux déficits micronutritionnels.
Traitements médicamenteux et carences nutritionnelles
Parfois, ce n’est pas la maladie elle-même qui génère les déficits nutritionnels, mais les médicaments consommés dans ce cadre. Certains peuvent en effet perturber l’équilibre de l’organisme en vitamines et minéraux. Ils agissent de diverses manières : certains réduisent l’absorption intestinale des micronutriments, d’autres limitent leur transformation en forme active. D’autres encore accélèrent leur élimination. Ils favorisent ainsi à long terme la survenue de déficits nutritionnels.
Les médicaments pouvant causer des déficits nutritionnels
- des contraceptifs oraux combinés (associant un progestatif et un œstrogène) qui altèrent le statut en vitamines E, B6, B9 et B12 et en magnésium. En outre, ils modifient le ratio sanguin calcium/magnésium.
- des inhibiteurs de la pompe à proton, prescrits contre les brûlures d’estomac, qui limitent l’absorption des vitamines B12 et C. Ils limitent aussi l’absorption du calcium, du magnésium, du fer et du zinc et du bêta-carotène.
- de l’aspirine, qui réduit le taux de vitamine C et de fer
- des diurétiques. Les diurétiques de l’anse augmentent l’élimination par les urines du calcium, du magnésium et de la thiamine. Les diurétiques de la classe des thiazides provoquent des pertes en zinc et vitamine B9.
- des corticostéroïdes oraux ou inhalés (bronchodilatateurs), qui réduisent les taux de calcium et vitamine D, avec, à la longue.
- des statines qui abaissent le taux de coenzyme Q10. Elles altèrent aussi le statut en vitamine D, en vitamine E et en bêta-carotène.
- des hypoglycémiants (biguanides comme la metformine), qui réduisent le taux de B12.

Face à ces multiples sources de déficit en micronutriments, une supplémentation adaptée peut s’avérer utile pour maintenir un équilibre nutritionnel optimal.











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