Déficit en fer : clefs pour l’identifier et le combattre

Certaines situations privent l’organisme de quantités suffisantes de fer, et peuvent conduire à l’installation d’une anémie. Les connaître peut rendre plus vigilant par rapport aux signes qui la caractérisent, pour l’enrayer sans tarder.

Carence martiale : qui est concerné et quelles sont les conséquences ?

Le risque de déficit en fer peut survenir dans quatre types de situations : quand les apports alimentaires sont insuffisants, quand les besoins en fer sont plus importants, quand il y a des pertes sanguines (et donc de fer) particulièrement élevées et quand il y a un problème d’absorption du fer au niveau intestinal (on parle de malabsorption).

En pratique, sont concernés :

  • les personnes ayant une alimentation déséquilibrée, une alimentation végétarienne ou une alimentation 100 % végétale mal équilibrée, c’est-à-dire comportant peu d’aliments riches en fer et un excès d’aliments pourvus de facteurs antinutritionnels (tannins, phytates, oxalate…) ;
  • les femmes en âge de procréer (en France, 25 % présenteraient un déficit et 5 % une anémie) ;
  • les femmes enceintes (même si leur capacité à absorber le fer au niveau intestinal est augmentée durant cette période) ;
  • les femmes allaitantes ;
  • les femmes ayant des règles abondantes (ménorragies) ;
  • les personnes ayant subi une perte de sang importante (don de sang, chirurgie…) ;
  • les personnes souffrant d’hémorragie chronique d’origine digestive (ulcère, hémorroïdes, polypes…) ;
  • les personnes souffrant de malabsorption du fer au niveau intestinal causée par exemple par une maladie inflammatoire chronique de l’intestin (MICI) ;
  • les personnes prenant un traitement : inhibiteurs de la pompe à proton (IPP) comme l’oméprazole, antihistaminiques, quinolone, tétracyclines… ;
  • les sportifs de haut niveau (pertes importantes en raison d’une importante transpiration, saignements gastro-intestinaux provoqués par la répétition exercices de haute intensité ou par l’usage fréquent d’anti-inflammatoires, éclatements des globules rouges en raison des chocs répétés sur des surfaces dures lors de la course à pied par exemple, etc.).

Une carence en fer qui n’est pas corrigée ou investiguée (pour ceux qui souffrent de MICI ou d’ulcère, sans le savoir, par exemple) peut déboucher sur un déficit plus grave pouvant mener à une anémie.

Femme enceinte assise en tailleur, tenant son ventre, illustrant le risque de carence en fer durant la grossesse.
Le manque de fer est courant lors de la grossesse.

L’anémie par carence en fer (ou anémie ferriprive)

Quand un manque de fer persiste, les réserves de fer diminuent et les cellules de la moelle osseuse n’ont plus la matière première indispensable pour synthétiser l’hémoglobine. Conséquence : le taux d’hémoglobine du sang baisse, tout comme la taille des globules rouges – mesuré par le volume globulaire moyen ou VGM (c’est la raison pour laquelle on parle aussi d’anémie microcytaire).
L’anémie doit absolument être prise en charge pour éviter les troubles cardiaques et, chez les femmes enceintes, les naissances prématurées et/ou les bébés de faible poids à la naissance.

Les principaux symptômes de l’anémie par carence en fer

L’anémie ferriprive se traduit par un mauvais transport de l’oxygène qui va entraîner divers symptômes :

  • fatigue ;
  • teint pâle ;
  • essoufflement à l’effort ;
  • maux de tête ;
  • tachycardie (cœur qui bat trop vite) ;
  • diminution des performances intellectuelles
Femme allongée, l'air fatigué, illustrant la fatigue liée à une anémie par carence en fer.
Une fatigue inhabituelle peut être révélatrice d’une anémie ferriprive.

Quels examens sanguins pour mettre en évidence une anémie ferriprive ?

Quand les réserves en fer diminuent, le taux de ferritine sanguine va progressivement baisser alors que celui de transferrine va augmenter (pour essayer de transporter davantage de fer en réaction). Puis le coefficient de saturation de la transferrine — ou CST — baisse (signant la raréfaction du fer) tout comme le taux d’hémoglobine.
En cas de suspicion d’une anémie par carence en fer, le médecin prescrit un bilan sanguin. Si l’anémie est avérée, les examens biologiques montreront :

  • une diminution du taux d’hémoglobine ;
  • une diminution de la ferritine sérique (reflet des réserves) et du fer sérique ;
  • une augmentation de la transferrine ;
  • une diminution importante du coefficient de saturation de la transferrine (CST) ;
  • une augmentation des récepteurs de la transferrine (un marqueur de l’« avidité » des cellules pour le fer).

L’anémie ferriprive ne doit pas être confondue avec…

L’anémie n’est pas uniquement provoquée par un déficit en fer. Il existe d’autres types d’anémie, qui peuvent provoquer des symptômes proches.

L’anémie inflammatoire

C’est la deuxième cause d’anémie après l’anémie ferriprive. L’inflammation chronique, qu’elle provienne d’une infection, d’une maladie auto-immune ou autre, entraîne à la longue une augmentation de la production de ferritine, une diminution de la transferrine (la protéine de transport du fer) et une augmentation de l’hepcidine (l’hormone qui réduit l’absorption du fer). Quand elle persiste, elle aboutit généralement à une anémie ressemblant fortement à l’anémie ferriprive (mêmes symptômes, même baisse du taux d’hémoglobine et même diminution du volume des globules rouges). Pourtant ses causes sont différentes puisqu’ici, elle n’est pas liée à un déficit en fer d’origine alimentaire. Quoi qu’il en soit, de nombreuses anémies ont des causes mixtes associant manque de fer et inflammation chronique.

L’anémie par carence en vitamines B9 et B12 (macrocytaire ou mégaloblastique)

La vitamine B9 tout comme la B12 jouent un rôle essentiel dans la formation des globules rouges. Une carence en ces deux micronutriments peut ralentir le rythme de multiplication des globules rouges et entraîner une anémie. Les symptômes sont les mêmes qu’avec une anémie ferriprive (pâleur, fatigue…), mais ici les globules rouges sont de grande taille. On parle alors d’anémie macrocytaire ou mégaloblastique.

Comment traiter les carences en fer et l’anémie ferriprive ?

Avant de mettre en place des solutions, il est indispensable d’identifier l’origine du manque de fer ou de l’anémie. Si le déficit est causé par un problème de malabsorption liée à une maladie inflammatoire de l’intestin ou à un ulcère par exemple, une prise en charge médicale devra être mise en place avant ou en même temps qu’une supplémentation. Pour cela, une consultation chez le médecin est indispensable.

Modifier son alimentation

Pour améliorer les apports de fer et son absorption intestinale, quelques règles simples peuvent être respectées :

  • augmenter les aliments riches en fer ;
  • accompagner la viande de légumes ;
  • favoriser les aliments riches en vitamine C ;
  • prendre le café et le thé à distance des repas.
Assortiment de fruits riches en vitamine C, comme le kiwi et la myrtille, favorisant l’absorption du fer.
Les fruits riches en vitamine C optimisent l’assimilation du fer.

Prendre un supplément de fer

Les compléments de sels fer (gluconate, sulfate, glycinate, pyrophosphate…) sont souvent efficaces pour corriger une carence en fer ou une anémie ferriprive. En revanche, leur prise s’accompagne d’effets secondaires souvent gênants : nausées, flatulences, douleurs abdominales, diarrhée, constipation, coloration des selles en noir… Ceux-ci amèneraient une personne sur deux à interrompre son traitement. Il existe des alternatives mieux tolérées, à base de fer végétal.

Les autres micronutriments qui peuvent parfois aider

Les vitamines et minéraux interagissent les uns avec les autres dans l’organisme. Certains d’entre eux ont un impact sur les niveaux de fer disponible.

La vitamine A

Une méta-analyse faisant la synthèse de plusieurs études menées entre 1992 et 2013 suggère que la vitamine A délivrée avec du fer pourrait améliorer le métabolisme du fer et ainsi diminuer les risques d’anémie ferriprive en cas de carence en fer. Une étude menée sur des rats a également montré que la vitamine A associée au fer agissait positivement sur un certain nombre de marqueurs en diminuant le risque d’anémie. Une autre étude a quant à elle montré que la vitamine A donnée seule (sans fer) pourrait augmenter les niveaux d’hémoglobine et de ferritine chez les personnes à risque d’anémie présentant des niveaux de rétinol faible dans leur sérum.

Le cuivre

Un manque de cuivre pourrait engendrer des difficultés à mobiliser le fer depuis les réserves de l’organisme (foie, rate…) et causer une anémie. Quand une anémie ne répond pas à une complémentation de fer, une supplémentation en cuivre pourrait être efficace.

Le zinc

L’absorption et le transport du zinc et du fer sont étroitement liés, ces deux minéraux interagissant fortement l’un avec l’autre. Une synthèse des études menées sur le sujet a mis en évidence que la fréquence de l’anémie dans le monde et la difficulté à trouver des solutions pour y remédier pourrait s’expliquer par la présence fréquente, dans les cas d’anémie, d’une carence en zinc sous-jacente, mais ignorée.


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