Les multiples rôles de la lactoferrine dans l’organisme

Depuis qu’elle a été isolée à partir du lait en 1960, la lactoferrine suscite un intérêt croissant auprès des chercheurs. Elle fait actuellement l’objet de nombreuses études, grâce auxquelles ses multiples rôles au sein de l’organisme sont de mieux en mieux identifiés et compris.

Protection contre les microbes pathogènes

La première propriété à avoir été mise en évidence est directement liée au mécanisme de séquestration du fer. La lactoferrine entre en compétition avec d’autres chélateurs du fer : les sidérophores qui permettent aux bactéries de puiser le fer nécessaire à leur croissance. On parle d’effet bactériostatique. La lactoferrine complète cette action en déstabilisant et en fragilisant la membrane des bactéries et autres microbes pathogènes.
C’est notamment en raison de cette action bactéricide, reposant sur des principes différents de ceux des antibiotiques, que l’EMA (European Medicines Agency : agence européenne des médicaments) a émis un avis positif concernant la lactoferrine.

Effet antimicrobien de la lactoferrine sur une culture bactérienne en laboratoire
La lactoferrine exerce une action antimicrobienne

La lactoferricine étend l’action de la lactoferrine

Lors de la digestion, la lactoferrine rencontre la pepsine, une enzyme gastrique. Elle donne alors naissance à un peptide, la lactoferricine. Ce composé complète les effets de la lactoferrine, par le biais de son effet bactériolytique dont le spectre est plus large que celui de la lactoferrine native. La lactoferricine dérivée de la lactoferrine bovine est la variante la plus active dans ce rôle.

Interaction avec les cellules immunitaires

L’étude des lymphocytes T montre qu’ils présentent à leur surface des récepteurs à la lactoferrine. Cette dernière intervient dans le processus de maturation et de migration des cellules immunitaires. Elle favorise notamment la maturation des précurseurs des lymphocytes T en lymphocytes T auxiliaires compétents, et la différenciation des lymphocytes B immatures en lymphocytes B matures.

Action au niveau osseux et cutané

La lactoferrine exerce également un rôle au niveau de certains organes, comme les os ou la peau. La croissance et le renouvellement des os s’articulent autour du délicat équilibre entre deux types de cellules au rôle antagoniste : les ostéoclastes qui résorbent l’os, et les ostéoblastes qui le reconstruisent. La lactoferrine favorise la prolifération et la différenciation des ostéoblastes et participe ainsi aux mécanismes de régulation du métabolisme osseux.

La lactoferrine pilote le mécanisme de cicatrisation

Lorsque la peau est blessée, l’organisme met en œuvre une succession de phénomènes pour répondre à l’agression. La lactoferrine est omniprésente au cours de ces différentes phases. Après l’hémostase, qui consiste en la formation d’un caillot sanguin pour bloquer le saignement, commence une phase inflammatoire. Des leucocytes sont mobilisés sur la zone de la blessure pour en éliminer les débris.

Tempérer les phénomènes inflammatoires

Cette phase d’inflammation ne doit pas être trop longue, car une surabondance de macrophages et de neutrophiles conduit à un état de cicatrisation incomplète chronique. À ce stade, le rôle immunorégulateur de la lactoferrine est crucial. Au travers de la gestion de l’équilibre entre les cytokines pro- et anti-inflammatoires, la lactoferrine pilote ainsi avec précision l’ampleur de la réponse inflammatoire consécutive à la blessure de la peau.

Soutenir l’activité des fibroblastes et des kératinocytes

L’étape suivante est une phase de granulation, pendant laquelle les fibroblastes réparent la lésion en produisant un tissu riche en collagène. La lactoferrine agit également sur ces cellules, en favorisant leur migration sur le site de la blessure, soutenant ainsi l’action du facteur de croissance bFGF. La lactoferrine promeut également la synthèse d’acide hyaluronique, un composant majeur de la matrice extracellulaire qui participe à de nombreux phénomènes impliqués dans cette phase du processus de cicatrisation.
À ce stade, les fibroblastes développent une force mécanique suffisante pour contracter et refermer la lésion. La lactoferrine agit ici encore en favorisant cette contraction dans une relation dose-dépendante.

Représentation d’un fibroblaste humain impliqué dans la cicatrisation des tissus cutanés
Fibroblaste

Vient ensuite la phase de ré-épithélisation. Les kératinocytes sont des cellules épithéliales qui constituent la couche superficielle de la peau. Elles prolifèrent dans la couche basale de l’épiderme, puis migrent en direction de l’extérieur, jusqu’à gagner la zone de la lésion. La lactoferrine promeut à la fois le phénomène de prolifération et de migration des kératinocytes, achevant ainsi la séquence du mécanisme de la cicatrisation.

Plaie en cours de cicatrisation sur la peau, illustrant le rôle réparateur de la lactoferrine
La lactoferrine facilite la guérison des plaies.

Optimisation de l’absorption du fer

Le fer présent dans l’alimentation est absorbé par les entérocytes du duodénum, la première section de l’intestin grêle. Ces cellules comportent une protéine, la ferroportine, qui permet au fer de gagner la circulation sanguine.
La présence d’interleukine 6 (IL-6), un messager inflammatoire, provoque une réduction de la production de ferroportine et perturbe l’assimilation du fer. La lactoferrine, au travers de sa capacité à moduler la production d’IL-6, assure une fonction de régulation du fer. Cette capacité de régulation à la hausse n’est pas liée aux atomes de fer inclus dans la protéine de lactoferrine, mais uniquement à son action sur la ferroportine.
En ce sens, la lactoferrine se comporte d’une manière radicalement différente des compléments alimentaires de fer, et constitue donc un excellent choix pour s’affranchir de leurs nombreux inconvénients.


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