Pourquoi manque-t-on d’oméga-3 DHA et EPA ?
En dépit de l’importance des oméga 3 pour notre santé, les déficits sont fréquents dans la population. Plus de 8 Français sur 10 manqueraient en effet d’apports en EPA et DHA, deux acides gras polyinsaturés à longue chaîne présents dans les poissons gras. Une supplémentation avec des oméga-3 de qualité peut pallier à ce manque et contribuer à notre équilibre cardiovasculaire, cérébral et visuel.
Des sources alimentaires rares
Le DHA et l’EPA sont principalement fournis par l’alimentation, mais présents dans un nombre limité de produits. En raison de leur importance pour notre organisme, les autorités de santé ont émis des recommandations spécifiques à ces nutriments.
Les apports nutritionnels conseillés sont ainsi fixés à 125mg par jour de DHA pour les enfants de 3 à 9 ans, et 250mg par jour à partir de 10 ans. Les apports en DHA et EPA cumulés devraient atteindre 250mg par jour pour les enfants de 3 à 9 ans, et 500mg au-delà de cette tranche d’âge.
Les apports en DHA et EPA sont insuffisants pour une large proportion de la population
En 2015, l’ANSES a publié les résultats d’une étude évaluant les apports réels des Français par rapport aux recommandations officielles. Les données révèlent que 85% des adultes sont en dessous de ce seuil pour le DHA (apports moyens de 137mg), et 89% pour les apports cumulés en DHA et EPA (137mg + 101mg).
Pour les enfants, la situation n’est pas meilleure : 82% des 3 à 9 ans ont des apports en DHA insuffisants et 89% sont en déficits d’apports cumulés en DHA et EPA.

Des capacités de production insuffisantes
Le DHA et l’EPA ne sont pas considérés comme des nutriments essentiels dans la mesure où notre organisme est en théorie capable de les produire de façon autonome, à partir d’un autre oméga-3, l’acide alpha-linolénique (ALA). Cet acide gras est obtenu à partir de sources végétales comme l’huile de colza ou l’huile de noix.
Après ingestion, il subit une série de transformations chimiques qui donnent naissance au DHA et à l’EPA. La chaîne d’atomes de carbone qui constitue la base de leur structure s’allonge : on parle d’acide gras polyinsaturés à longue chaîne.
Il peut sembler naturel de conclure que disposer d’apports satisfaisants en ALA suffit pour combler nos besoins en DHA et EPA. Cette conversion est en réalité peu efficace et dépend de différents paramètres.

Une conversion plus efficace chez les femmes que chez les hommes
La conversion de l’ALA en DHA et EPA est plus efficace chez les femmes, sans doute en raison de l’action des œstrogènes, les hormones féminines. Suite à l’administration de 700mg d’ALA, l’organisme de jeunes hommes transforme 7,9% de celui-ci en EPA et 0% en DHA. Chez les jeunes femmes, ces taux atteignent respectivement 21% et 9%.
Trop d’oméga-6 nuisent à la formation du DHA et de l’EPA
L’efficacité de la conversion dépend également de la quantité d’oméga-6 présente dans l’alimentation. Cette autre famille d’acides gras essentiels est souvent excédentaire dans notre mode d’alimentation occidental, car ils sont présents dans bon nombre de produits industriels.

Les oméga-3 et oméga-6 se trouvent en compétition pour accéder aux enzymes qui assurent leur transformation. Par exemple, l’enzyme qui représente le facteur limitant de la conversion de l’ALA en DHA est la delta-6 désaturase. Même si elle possède une plus grande affinité pour l’ALA, la présence en excès d’oméga-6 la mobilise, et réduit la quantité de DHA produite. Il est ainsi important de viser un ratio oméga-6/oméga-3 de 1:1 à 4:1.
Face aux difficultés pour maîtriser cette conversion des oméga-3, il est plus indiqué d’opter pour une supplémentation en DHA et EPA plutôt qu’en ALA.





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