Quelle est l’influence de notre alimentation sur le microbiote ?
Le microbiote intestinal nous aide à tirer un meilleur profit des aliments que nous consommons. Parallèlement, nos choix alimentaires façonnent cette communauté microbienne. Découvrons la nature de ces interrelations.
Un reflet des habitudes alimentaires
Pour mieux cerner l’impact de l’alimentation sur les populations bactériennes intestinales, une étude a comparé le microbiote d’enfants vivant dans une zone rurale d’Afrique à celui d’enfants habitant en Europe.
Les modes alimentaires y sont radicalement opposés : dense en fibres et sucres complexes issus des plantes pour les premiers, riche en sucres, graisses, protéines animales et pauvre en fibres pour les seconds.
Par rapport aux Européens, les jeunes Burkinabés présentaient plus d’Actinobactéries (10,1% contre 6,7%) et de Bacteroidetes (57,7% contre 22,4%).
Les populations de bactéries appartenant aux groupes des Firmicutes (63,7% contre 27,3%) et des Protéobactéries (6,7% contre 0,8%) étaient en revanche plus abondantes chez les Européens.
D’autres travaux ont montré qu’un régime alimentaire riche en céréales raffinées et en gluten est associé à une moindre diversité microbienne.

Une adaptation rapide du microbiote aux changements de régime
Des chercheurs se sont intéressés aux effets d’un changement d’alimentation de quelques jours sur la composition du microbiote. Ils ont constaté qu’un régime abondant en produits animaux conduit à une augmentation des populations de bactéries qui supportent bien la bile (Alistipes, Bilophila et Bacteroides), produite en excès dans ce cadre.
Elle provoque en revanche une raréfaction des espèces qui utilisent les sucres complexes végétaux (Roseburia, Eubacterium rectale et Ruminococcus bromii).
Les communautés bactériennes évoluent ainsi rapidement selon nos choix alimentaires.
Les édulcorants et additifs, facteurs de déséquilibre de la diversité microbienne
Les édulcorants, ces composés au goût sucré et pauvres en calorie, sont présents dans de nombreux produits industriels. Certains comme le sucralose, l’aspartame ou la saccharine pourraient jouer un rôle néfaste sur l’équilibre des populations du microbiote.
Une étude menée chez le rat a par exemple montré que la consommation de sucralose pendant 12 semaines augmente les populations de Bacteroide et de Clostridia et engendre une élévation du pH des selles.
Chez des souris exposées à deux additifs alimentaires de la catégorie des émulsifiants, la carboxyméthylcellulose et le polysorbate-80, la diversité des espèces composant le microbiote diminue. En revanche, le groupe des protéobactéries, impliqué dans les phénomènes inflammatoires, s’est multiplié.






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